L’épopée Gai Pied a duré d’avril 1979 à octobre 1992. Presque 20 ans après sa disparition, le magazine reste mythique dans la communauté.

Personnellement, je ne l’ai quasiment pas connu. J’en connaissais l’existence pour le voir chez l’épicier du coin quand j’étais ado, exposé sur une étagère en hauteur. Un véritable objet de fantasme. J’avais même imaginé proposer mes services pour tenir la boutique, dans le seul but de pouvoir le lire. Un peu plus tard, tout jeune étudiant, j’en acheté un seul numéro. L’aventure de ma vie : aller chez un buraliste à l’autre bout de la ville, attraper le journal, le coincer entre le Monde et Géo pour le présenter à la commerçante, devenir tout rouge et vite partie sans demander mon reste… Las, l’aventure Gai Pied touchait à sa fin, et quelques semaines plus tard le magazine tirait sa révérence.

Aujourd’hui, j’ai grandi. Mes activités associatives me conduisent à enfin découvrir le magazine. Je participe depuis quelques semaines au dépouillement de la revue, pour le compte de la bibliothèque du Centre LGBT Paris Île-de-France (www.centreLGBTparis.org, rubrique Bibliothèque pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas). Je me plonge dans l’histoire de notre communauté, une histoire dont je ne connaissais que ce que les médias généralistes pouvaient en dire à l’époque. L’occasion de me rendre compte que, si la situation a bien évolué, certains débats restent furieusement d’actualité. Tout est différent, mais rien n’a vraiment changé. Lire tout ça à la lumière de ce qui s’est passé en vingt ans est vraiment passionnant.

Au fur et à mesure, j’ai entrepris de prendre des notes. De dresser le rapport de certains faits marquants, qui prennent une certains signification aujourd’hui. Ce blog n’est que le résultat de ces notes, de ces bouts de notre histoire. Il suivra le cours de mes dépouillements, année par année, depuis la fin jusqu’aux origines.

Bonne lecture à ceux que ça peut intéresser.

NB : Pour ceux qui voudraient aller plus loin, je peux fournir les références des articles sur lesquels je me suis appuyés, articles en accès libre au Centre LGBT, aux heures d’ouverture la bibliothèque…