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Auteur : Tom75

Septembre 1990, Bénissez-nous mes Soeurs !

Le 11 septembre 1990 a lieu à Paris, sur les marches de la Sorbonne, une bien étrange cérémonie. Venue tout droit de San Francisco, Sister Vicious Power Hungry Bitch, révérende mère californienne, reçoit les vœux des quatre premières Sœurs de la Perpétuelle Indulgence en France. Mère Rita du Calvaire, Sœur Cunégonde Hospitalière, Sœur Ginette de la Vache Molle et Sœur Thérèse de Cul et Lard vont désormais prendre en main la destinée du tout nouveau Couvent de Paris.   Tout a commencé en juin de la même année, lors de la Conférence mondiale sur le sida, à San Francisco....

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Juillet 1979, Un été fondateur

En ces années 70 finissantes, le Groupe de Libération Homosexuelle de Marseille, un des GLH les plus actifs de France, décide de réunir l’ensemble des groupes nationaux pour mener des réflexions communes, dessiner la société de demain, et faire la fête. La toute première édition des Universités d’Eté Homosexuelles est organisée dans la cité phocéenne du 23 au 28 juillet 1979, avec l’appui du maire de la ville, Gaston Defferre.   Cette initiative part d’un constat simple : durant les mois précédents, les cas de discrimination et d’interdictions professionnelles se sont multipliés à l’encontre des homosexuels (affaires Croissant, Fourniols, Rossignol…). Disséminée entre de multiples GLH locaux indépendants les uns des autres, la communauté homosexuelle ne dispose d’aucune structure organisée, à même de réagir et de porter les revendications nécessaires. D’où l’idée de réunir pendant une semaine des acteurs de tous horizons, qui réfléchiront sur les moyens d’action futurs.   Les militants débarquent de partout. Toutes les grandes villes de France sont représentées : Amiens, Aix-en-Provence, Angers, Bayonne, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Reims, Rennes, Rouen, Toulon, Toulouse, Tours. Mais c’est aussi l’ensemble de l’Europe qui se mobilise, avec des visiteurs en provenance de Belgique, de Catalogne, du Danemark, d’Italie, du Luxembourg, des Pays-Bas ou de Suisse. Si le coup d’envoi de l’événement est donné dès le 1er juillet par une conférence de presse à Lyon, tous...

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Juin 1983, Le Prince de la Nuit quitte la scène

Il était depuis près de 20 ans, le Prince de la Nuit ; le 11 juin 1983, Fabrice Emaer s’éteint d’un cancer du rein, après des semaines de souffrance… Originaire du Nord, Fabrice Emaer a ouvert son premier établissement en 1964. Le Pimm’s est alors l’un des premiers lieux réservés aux hommes, rue Sainte-Anne, ghetto gai des années 60 et 70 ; le bar diffuse alors de la musique américaine et demande de montrer patte blanche pour pouvoir y pénétrer… En 1968, Emaer ouvret un second lieu, le Sept, toujours dans la même rue. Restaurant haut-de-gamme et réservé à une clientèle...

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Mai 1982, La fin d’une époque

Le 15 mai 1982, c’est par une simple lettre qu’André Baudry annonce la fin d’une aventure de 28 ans. Il y explique en effet « qu’à moins d’un miracle, le 30 juin 1982, le 61 rue du Château-d’Eau fermera ses portes », victime de « ce monde de permissivité, de frivolité, de grossièreté – et le peuple homophile bat des records en ce triste domaine. ». Cette fois, il jette donc l’éponge, toujours en fustigeant ce monde qu’il a de plus en plus de mal à comprendre. Il ferme le club qui permet encore chaque semaine à des gais et lesbiennes de se retrouver, échanger, danser… Le club était né en 1957, trois ans après la création de la revue Arcadie. La société CLESPALA (Club Littéraire et Scientifique des Pays latins) avait pour objet la gestion d’un « club privé visant à permettre à tous nos amis de se connaître dans une ambiance de sécurité, d’amitié, pour le grand bien de tous » et désignait André Baudry, par ailleurs actionnaire majoritaire de la SARL, comme « le seul responsable sur le plan moral ». D’abord installée dans un appartement de 4 pièces derrière la place de la République à Paris, au 19 rue Béranger, elle avait déménagé en septembre 1969 dans un ancien théâtre de quartier près de la mairie du Xème arrondissement. Tous les dimanches, ses bals avaient longtemps été un grand rendez-vous des homos ; ses...

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Avril 1994, Bienvenue chez Vous

Le 1er avril 1994, les homos parisiens, filles comme garçon, vivent un événement important qui va fédérer et structurer la vie communautaire dans la capitale. Le Centre Gai et Lesbien (CGL) ouvre enfin véritablement ses portes au grand public, dans un grand local de 145 m², en rez-de-chaussée et ouvert sur la rue, au 3 rue Keller, entre la rue de la Roquette et l’avenue Ledru Rollin, dans le 11ème arrondissement. Jusqu’à présent, l’association, née un an plus tôt pour prendre la suite de la Maison des Homosexualités, était confinée dans un petit appartement de la rue Michel Le Comte, local certes « historique » (il avait déjà abrité les premiers pas de l’association AIDES dix ans plus tôt), mais par vraiment conçu pour accueillir le public. Le nouveau bureau élu en février 1994, présidé par Philippe Labbey, s’était fixé comme priorité d’offrir enfin un vaste espace communautaire, comme on pouvait déjà en trouver à New York, Amsterdam, Londres ou Berlin… Les nouveaux locaux trouvés (une ancienne galerie d’art) et loués (Pierre Bergé se portera caution personnelle auprès du bailleur), la petite équipe de bénévoles (appelés « volontaires ») se met à l’action, avec les moyens du bord, pour ouvrir le lieu au plus vite. Il s’agit de pouvoir recevoir les homos des deux sexes, « de tous âges, toutes sensibilités, toutes tendances politiques et confessionnelles ». Les permanences d’accueil physique sont doublées d’écoutes téléphoniques...

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