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Auteur : Tom75

Mai 1987, L’heure de « vérité » de M. Le Pen

Le mercredi 6 mai 1987, Jean-Marie Le Pen est à L’heure de vérité, la grande émission politique d’Antenne 2. Comme à son habitude, celui qui est alors député de Paris (en mars 86, 35 députés frontistes et apparentés ont fait leur entrée à l’Assemblée Nationale) profite de cette tribune nationale pour provoquer de nouvelles polémiques et accaparer ainsi l’espace médiatique. L’immigration le lui suffisant plus, il trouve un nouveau thème porteur : le sida. Près de 30 ans plus tard, ses propos sont encore dans toutes les mémoires : « Le sidaïque, si vous voulez, j’emploie ce mot-là, c’est un néologisme, il n’est pas très beau, mais je n’en connais pas d’autres, celui-là, il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. [] C’est une espèce de lépreux. [] Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la nation.  » Poursuivant sur la voie des contre-vérités pseudo-médicales, il explique aussi, sans donner plus de détails, « On a dit aux Français qu’il suffisait de se doter de préservatifs pour se mettre à l’abri de la contagion. C’est faux. ». O Dérapage ? Pas vraiment. Le Pen contrôle bien ses propos et les a volontairement prononcés. Il reprend les thèmes et les mots qu’il développe depuis plusieurs semaines déjà, à la suite des théories fumeuses du docteur Bachelot, expert de la question...

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Avril 1992, Alerte sur le 3615

Le 14 avril 1992, plusieurs éditeurs de serveurs télématiques gais reçoivent des lettres officielles, leur signifiant pas moins qu’une mise en demeure avant décâblage, c’est-à-dire coupure de leur service. France Telecom a semble-t-il décidé de faire un grand ménage de printemps sur les réseaux minitel de rencontres entre hommes. Sont particulièrement visés le 3615 BOY (du groupe Illico) et le 3615 NIC (du groupe Gai Pied). La décision n’est pas nouvelle. En tout début d’année, les anciens PTT ont déjà déconnecté le serveur 3615 FONE, de tendance plutôt SM. Le Comité consultatif du kiosque télématique lui reprochait un manque de respect des bonnes mœurs, et de contrevenir ainsi au Code pénal. Et ce même comité avait alors annoncé étudier d’autres cas de minitel rose. Un secteur déjà touché par les nouvelles mesures fiscales de Bercy : Michel Charasse vient de classer une trentaine de messageries roses dans une liste de « services interactifs à caractère pornographique », ce qui les soumet à une nouvelle taxation de 50%, mesure votée en décembre 1989 suite à un amendement déposé par une certaine… Christine Boutin ! (Cette chère Christine restait pourtant light : le député Philippe Auberger demandait lui de porter la taxe au taux confiscatoire de… 100% !) En ce mois d’avril, il est donc reproché à de simples services de rencontres de contrevenir eux aussi aux bonnes mœurs, alors qu’ils sont accessibles « à tout public...

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Mars 1992, Les associations disent NON

4 mars 1992. Aides, le Crips, Aparts et d’autres associations se sont réunies dans les locaux de Médecins du Monde, pour faire une conférence de presse unitaire, et annoncer leur opposition à un dépistage systématique et obligatoire du sida. Ils dénoncent là une mesure liberticide « qui s’oppose à tous les efforts de prévention qui ont été développées dans les dernières années », qui conduirait à la coercition et la répression, alors que « la prévention doit passer par l’implication de l’individu ou une pédagogie responsabilisatrice.  » Le débat enfle en effet depuis plusieurs mois, depuis que la députée RPR (et future ministre de la Santé)  Elisabeth Hubert a déposé fin 1991 un amendement à l’Assemblée Nationale, appelant à un test obligatoire lors des examens prénuptiaux et prénataux. Amendement repris par la commission des affaires sociales, culturelles et familiales qui lui a emboîté le pas ; le rapporteur PS Jean-Claude Boulard explique ainsi : « Quand on ne sait pas traiter, on fait du dépistage et l’on prend des précautions – après tout, il n’y a pas une liberté de contaminer ! ». Au gouvernement, Jean-Louis Bianco, ministre des Affaires sociales, a annoncé dans la foulée la tenue d’un grand débat national. Mais il n’invite que les instances officielles (CNS, Ordre des médecins, AFLS…), excluant les associations de lutte contre le sida de toute consultation. Act Up-Paris réagit le plus violemment, quand une vingtaine de ses militants s’introduisent le...

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Février 1979, Un numéro 0 prometteur

Ils ne le savent pas encore, mais ils ont entre les mains un numéro historique. En ce mois de févier 1979, 20.000 chanceux lisent le numéro 0 d’un nouveau journal lancé par Jean Le Bitoux et Gérard Vappereau, un mensuel adressé aux homosexuels qui leur parlera d’actualité, de politique, de culture… Le début d’une aventure qui durera près de 14 ans et 541 numéros. Le Gai Pied est né. Ce numéro test, gratuit, est un tel succès qu’un second tirage de 5.000 exemplaires supplémentaires est lancé. Une centaine d’abonnements sont souscrits dans la foulée. Et dès le numéro 1, en avril, les lecteurs sont au rendez-vous. Le journal veut embrasser l’intégralité de l’actualité. Celle  des mouvements gais et lesbiens, bien sûr, mais aussi les événements de la vie de tous les jours. L’édito du numéro 1 explique l’objectif du projet : « Notre propos : restituer aux gais, les homosexuels d’aujourd’hui, un lieu pour s’exprimer, un lieu pour discuter. Etre aussi un lieu alternatif à tout ce que les médias racontent sur l’homosexualité bien trop souvent pour justifier et prêter main forte à des campagnes de moralisation d’un autre âge. Mais si nous privilégions l’information internationale, pratiquement introuvable dans le reste de la presse, ou si nous offrons aussi un espace pour la création homosexuelle écrite et graphique, nous ne voulons pas parler que d’homosexualité : on nous y a réduits trop souvent...

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La Folle Histoire du Centre

Le livret sur l’histoire du Centre Gai & Lesbien de Paris (Centre LGBT Paris ÎdF aujourd’hui) est enfin disponible, auprès du bar du Centre (63, rue Beaubourg – 75003 Paris), pour 2,50€ l’exemplaire.

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